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26 Aug
26Aug

Sortie en France : 19 août 2026

Réalisateur : Andrew Patterson

Titre original :The Rivals of Amziah King

Avec : Matthew McConaughey, Angelina LookingGlass, Kurt Russell

Genre : Thriller / drame

Durée : 2h10

đŸŽžïž Synopsis

Au cƓur des terres reculĂ©es de l’Oklahoma rural, Amziah King est un personnage charismatique au talent musical hors du commun. Il veille sur une bande de marginaux passionnĂ©s de bluegrass tout en supervisant une importante exploitation apicole.Lorsque Kateri, sa fille adoptive dont il Ă©tait Ă©loignĂ© depuis plusieurs annĂ©es, rĂ©apparaĂźt dans sa vie, Amziah y voit l’occasion de renouer avec elle et de bĂątir ensemble une entreprise familiale.Mais le monde du miel est sans pitiĂ©, et les rivalitĂ©s autour de ce qu’Amziah a construit menacent de tout faire basculer.

💭 Mon avis

Ce qui m’a surtout marquĂ©e dans Oklahoma Honey, c’est sa dualitĂ© d’atmosphĂšre, mais aussi la maniĂšre dont le film interroge la nature des gens : est-ce que nous sommes profondĂ©ment dĂ©terminĂ©s par ce que nous sommes, ou par les conditions dans lesquelles nous avons appris Ă  vivre ?

La premiĂšre partie installe un univers Ă©tonnamment chaleureux. Il y a la musique, les paysages de l’Oklahoma rural, les abeilles et surtout cette communautĂ© qui gravite autour d’Amziah. Tout semble fonctionner selon ses propres codes. 

Amziah est à la fois le chef d’entreprise, le musicien, le mentor et celui qui rassemble les gens autour de lui.

Une scĂšne du dĂ©but m’est particuliĂšrement restĂ©e en tĂȘte. Lorsque Kateri revient dans son entourage, elle se retrouve au milieu de cette communautĂ© qui joue de la musique et chante ensemble. L’ambiance est chaleureuse, presque suspendue. Amziah l’encourage alors Ă  se sentir en sĂ©curitĂ© parmi eux, Ă  baisser sa garde et Ă  laisser de cĂŽtĂ© cette « armure » qu’elle semble porter.

Je n’ai pas la formulation exacte de sa phrase en tĂȘte, donc je prĂ©fĂšre la paraphraser plutĂŽt que d’en faire une citation. Mais l’idĂ©e est essentielle : Amziah lui offre un espace oĂč elle peut enfin baisser sa garde. Cette scĂšne prend une toute autre dimension aprĂšs sa disparition.

Kateri a connu l’instabilitĂ© avant de retrouver Amziah. Son parcours est marquĂ© par les placements et l’absence d’un vĂ©ritable sentiment de sĂ©curitĂ©. La pĂ©riode passĂ©e auprĂšs d’Amziah et de sa femme Glenda reprĂ©sente donc quelque chose de diffĂ©rent : un foyer, une communautĂ©, une forme d’appartenance.

Avec Amziah, elle retrouve un cadre. Et ce cadre est important parce qu’il lui permet de ne pas ĂȘtre constamment en Ă©tat d’alerte. Il y a des rĂšgles, des repĂšres et surtout quelqu’un qui lui montre qu’elle peut faire confiance aux autres.

Quand Amziah disparaĂźt, Kateri se retrouve Ă  nouveau face Ă  elle-mĂȘme. Pour moi, c’est lĂ  qu’elle revient Ă  une logique qu’elle connaĂźt depuis longtemps : l’insĂ©curitĂ© et la survie. Elle agit de plus en plus dans l’urgence, sans vĂ©ritable recul, avec l’impression qu’elle doit rĂ©cupĂ©rer ce qui lui appartient avant qu’on ne le lui prenne dĂ©finitivement.

Et elle est prĂȘte Ă  aller extrĂȘmement loin.

Pour récupérer le miel volé et reprendre le contrÎle de son activité, Kateri empoisonne, enferme, menace et tue. Sa détermination devient progressivement sans limites. Elle ne semble plus vraiment prendre le temps de mesurer moralement ses actes : elle réagit, elle se défend, elle cherche à survivre.

C’est ce qui rend son Ă©volution aussi troublante. Je ne pense pas que le film dise simplement que Kateri est une personne mauvaise. Son histoire permet plutĂŽt de se demander ce qui, chez elle, relĂšve de sa personnalitĂ© et ce qui vient de toutes ces annĂ©es passĂ©es dans l’instabilitĂ©.

Avec Amziah, elle avait appris qu’un autre fonctionnement Ă©tait possible. Sans lui, elle revient Ă  des rĂ©flexes de protection et de survie — mais avec cette fois les connaissances et les moyens nĂ©cessaires pour devenir beaucoup plus dangereuse.

🐝 La ruche comme miroir

Le film utilise aussi les abeilles d’une maniĂšre qui m’a semblĂ© particuliĂšrement intĂ©ressante. Amziah explique Ă  Kateri les trois types d’abeilles qui composent la colonie : les faux-bourdons, les ouvriĂšres et la reine.

Cette explication peut sembler simplement liĂ©e Ă  son mĂ©tier d’apiculteur, mais elle prend progressivement une autre dimension.

La ruche ressemble finalement beaucoup Ă  la communautĂ© d’Amziah. Lui-mĂȘme en est le centre : il rassemble les gens, leur donne une place et crĂ©e autour de lui une forme de famille choisie.

Kateri commence par entrer dans cette « ruche » en apprenant auprÚs de lui. Puis, aprÚs sa disparition, elle ne quitte pas vraiment la colonie : elle semble progressivement en prendre la place.

La fin rend cette lecture particuliĂšrement forte. Kateri se retrouve entourĂ©e d’abeilles, dans une image qui fait Ă©cho Ă  Amziah. On peut y voir une forme de passation : elle n’a pas seulement rĂ©cupĂ©rĂ© son activitĂ©, elle est devenue Ă  son tour le centre autour duquel la ruche s’organise.

Mais il y a quelque chose d’assez ironique dans cette succession. Amziah occupait cette position en rassemblant les gens autour de lui, en crĂ©ant de la confiance et de la communautĂ©. Kateri y arrive aprĂšs avoir traversĂ© une spirale de violence et de survie. Elle devient donc, en quelque sorte, la nouvelle reine — mais elle n’arrive pas Ă  cette place de la mĂȘme maniĂšre.

⚖ Une victoire sans rĂ©demption

Ce qui m’a le plus troublĂ©e est la fin du film. Kateri obtient finalement ce qu’elle voulait : elle peut reprendre son activitĂ© et redĂ©marrer son business.

D’une certaine maniĂšre, elle a gagnĂ©. Mais elle ne semble pas vraiment culpabiliser de ce qu’elle a fait pour y parvenir. Le film ne lui impose pas nĂ©cessairement de rĂ©demption ou de vĂ©ritable prise de conscience. Elle avance.

Et c’est lĂ  que le film devient intĂ©ressant dans sa rĂ©flexion sur la nature humaine : les circonstances peuvent-elles faire ressortir une partie de nous que nous ne montrons pas dans un environnement plus sĂ©curisant ?

Avec Amziah, Kateri pouvait dĂ©poser son armure. AprĂšs sa disparition, elle la remet et retourne Ă  une logique de survie. Mais cette fois, elle ne subit plus seulement son environnement : elle est capable d’agir dessus, quel qu’en soit le prix.Le contraste entre les deux parties du film est donc essentiel. On passe d’un univers musical, communautaire et presque chaleureux Ă  une histoire beaucoup plus sombre, violente et moralement ambiguĂ«.

Le miel, qui reprĂ©sentait au dĂ©part la transmission et la possibilitĂ© de construire quelque chose ensemble, finit alors par devenir le moteur d’une transformation.

Kateri entre dans la ruche comme quelqu’un qui cherche une place.

Elle en ressort comme celle qui en prend le contrĂŽle. 

Et c’est probablement cette Ă©volution qui m’est restĂ©e le plus longtemps aprĂšs le film : elle avait enfin trouvĂ© un endroit oĂč elle pouvait dĂ©poser son armure. Mais lorsque ce refuge disparaĂźt, elle la reprend — plus lourdement que jamais, avec une seule prioritĂ© : survivre, Ă  tout prix.

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